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    Dk Laelith - résumé 6

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    Mario
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    Dk Laelith - résumé 6

    Message  Mario le Jeu 4 Fév - 8:05

    (...) Or donc, nous avions à nouveau sur les bras quelques morts du côté du Lazaret. Pas les morts habituels, victime de sales maladies ou de vengeances mesquines : des vrais meurtres, sans queue ni tête, aléatoires et répétitifs. Et ce n’était pas la première fois : sur les quinze dernières années, il y eut trois vagues de crimes. A chaque fois, nous avions trouvé le coupable. A chaque fois nous l’avions éliminé, et pourtant…

    Les victimes étaient à chaque fois des pensionnaires temporaires du Lazaret, cet institution Laelithienne qui permet de placer les étranges en quarantaine avant de les laisser entrer dans la cité. Géré par les quatre temples et par une administration civile, sa mission est d’identifier tout danger sanitaire, le confiner et le traiter selon la situation en éliminant le danger. Accessoirement, c’est aussi un lieu de consignation de l’identité et de la description de tout individu entrant en ville, et nos bureaux ont maintes fois compulsés les registres d’arrivée pour identifier un suspect.

    Infiltré dans le Lazaret, j’observais les lieux à la recherche d’indices, tout en sachant, grâce à ma bonne amie Lana Val, que le Lazaret était un nexus du destin en cette période troublée. L’enquête était passée d’anecdotique (les victimes n’étaient que des étrangers) à prioritaire (quelque chose d’important se déroule en ces lieux).

    L’existence du nexus me fut confirmée lorsque je vis arriver Kephri, pratiquement par hasard. Kephri, on le sait, était un des Six : avec son aspect de scarabée (certains disent “cafard”, mais ils se trompent), il était aisément reconnaissable, car contrairement à Xzaris, il était l’unique représentant de son espèce à ne jamais être parvenu jusqu’à Laelith. Kephri se présenta donc un jour aux portes du Lazaret, et comme il se doit, il fut promptement mis en quarantaine. Qu’il choisisse de s’établir au pavillon du Crâne n’était pas un hasard : les fils du destin s’étaient déjà mis en place, et on le sait, les Six ont tous plus ou moins tissé des liens étroits avec le Crâne, pour d’obscures raisons.

    Mais quand durant la nuit, Korg et Coren se présentèrent à leur tour aux portes de l’établissement, le doute n’était plus permis. Je sus alors que tout ce qu’il me restait à faire était de me reposer et d’observer… Korg fut amené ici sur une impulsion, mais pour Coren, je dois bien avouer que j’ai quelque peu poussé le destin, en envoyant une patrouille de gardes pourpres puis en demandant à Lorenn Jeel d’intervenir pour le tirer de ce mauvais pas. Hélas, les mouvement des autres “Six” étaient alors trop erratiques pour pouvoir mettre en place un plan efficace pour les rassembler.

    Voilà la moitié du groupe établi au pavillon du crâne, et comme de juste, les choses se mirent rapidement en mouvement.

    Kephri vola tout d’abord le registre d’accueil. Il découvrit ce que j’avais moi même découvert : le registre avait été plusieurs fois falsifié. Rien d’étonnant : le temple du crâne cherchait à éviter la publicité autour des crimes. Il est amusant que par facétie, Kephri décida de cacher le registre près de ma propre couchette. J’eus ainsi loisir de l’étudier et - plus tard - de le comparer avec les originaux.

    C’est que dès le lendemain, pris d’un intérêt obsédant pour les sous-sols du pavillon, Korg défonça la porte qui y menait, croyant être discret. Il ne sut probablement jamais - les agents du destin ne sont pas toujours mus par l’intelligence - qu’il avait mis la main sur les feuilles originales du registre, ce qui me permit d’accroître mes connaissances sur les victimes.

    Celles-ci se révélèrent encore plus nombreuses que je l’imaginais, mais les trois vagues y étaient clairement visibles. La première vague se déroula sous la direction du révérend-docteur Thalos. C’est ce dernier qui détermina que le coupable était un certain Yscath Lumot, un des médecins arrivés au Lazaret après la guerre civile. Yscath avait révélé une nature “scientifique” suspicieuse, une curiosité envers le pourquoi des choses. Cela seul aurait dû attirer le doute sur ses activités. Mais Thalos était persuadé qu’il était coupable des crimes, et une nuit, il organisa son discret assassinat. Le corps de Lumot fut précipité dans les jardins du dénuement, et l’affaire semblait entendue.

    Ce n’est que plusieurs années plus tard que les meurtres reprirent, et que Thalos, pris de doute sur sa propre “justice” commença à perdre l’esprit. Il fut promptement remplacé à la tête du pavillon par le révérend-docteur Julius, qui officie encore aujourd’hui et semble mettre plus d’énergie - avec la complicité du réceptionniste Liber - à masquer les crimes qu’à découvrir le coupable.

    Pourtant, lui aussi fut persuadé d’avoir découvert l’identité du tueur : Gastier, successeur de Yscath Lumot (et son apprenti à l’époque où Lumot officiait au dispensaire). Gastier eut plus de chance que Lumot : on lui proposa l’exil, ce qu’il accepta pour sauver sa vie. Et une fois de plus, les crimes cessèrent.

    J’en était là de mon savoir quand les Six poursuivirent leur enquête, avec moults questions manquant de discrétion et des manoeuvres plus ou moins chaotiques. Ils poursuivirent dans le même temps leur “traitement”, constitué de rencontres avec les médecins du pavillon : le docteur Darcaut, maladologue, le docteur Silvia pour la psychéologie, Medath pour les soins du corps… ils ne restèrent pas assez longtemps pour rencontrer Maulonus, malédictologue et heureusement quand on y pense : indubitablement, les Six étaient victime d’une malédiction qui les conduisait à se trouver au mauvais moment, au mauvais endroit.

    Ils réussirent cependant à rencontrer Thalos, reclus dans sa chambre, à moitié sénile et rongé par le remords. J’ignore ce qu’ils se sont dit exactement, mais en sortant de cet entretien, les Trois se dirigèrent vers le crâne géant posé à l’entrée du pavillon et, après l’avoir fouillé, en extirpèrent sans autre forme de procès, le Clou du Destin, caché là depuis si longtemps !

    Les observant assis sous un arbre, en train de fumer mon herbe à pipe, je ne pus que sourire de voir le destin à l’oeuvre. Si tout était toujours aussi simple ! Une fois le diamant en main, les Trois ne cessèrent de chercher un moyen de quitter les lieux en échappant à la vigilance des différentes gardes. Je suppose qu’ils le trouvèrent, car je reçus durant la nuit une missive de ma fidèle Lorenn Jeel, m’informant que Korg, Coren et Kephri m’attendaient dans mon bureau, à la Haute-Terrasse…

    J’appris plus tard qu’en route, ils furent confrontés à une des Statuantes et qu’ils la terrassèrent sur le pont des Soupirs, démontrant une fois de plus le lien unique qu’entretiennent ces créatures avec les Pierres du Ciel.

    Bien évidemment, à ce moment là, nous n’avions toujours pas élucidé le mystère des morts du Lazaret, mais l’affaire semblait soudainement secondaire. Le vrai motif du nexus était certainement la présence du Diamant, et il était temps que les Six en apprennent un peu plus sur ce qui se trame en ville. Car dans les visions de Lana, notre premier face à face dans mon bureau était le moment où tout allait être expliqué… (...)


    Extrait des mémoires du Premier Fouineur Lamb, tome XXIII, chapitre XCVI
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